mardi 9 décembre 2008

A la barre du procès Angolagate, le juge Fenech s'emporte


PARIS (Reuters) - Jugé pour avoir reçu 15.000 euros en 1997 d'un courtier en armes pour un syndicat de magistrats qu'il présidait, l'ancien député UMP Georges Fenech a provoqué un incident lundi au tribunal de Paris.

Le magistrat a laissé éclater sa colère lors de son interrogatoire au procès des ventes d'armes à l'Angola.

"On fait peser sur moi un soupçon de trafic d'influence et de corruption dans une affaire qui ne me concerne pas. C'est la ma vie et mon honneur qui sont en jeu", a-t-il dit.

Au bord des larmes, expliquant qu'il ne tenait "plus debout", il a obtenu une suspension d'audience.

Georges Fenech, 54 ans, connu pour avoir enquêté sur l'Eglise de Scientologie à Lyon dans les années 1980, a vu son mandat de député UMP invalidé en 2007 pour cause d'irrégularités dans ses comptes de campagne. Le gouvernement l'a nommé juste avant le procès président de la mission anti-sectes Miviludes.

Dans ce dossier qui porte sur les ventes d'armes à l'Angola présumées illégales en 1993-1998 et sur le réseau d'influence qu'aurait constitué son principal protagoniste, Pierre Falcone, Georges Fenech apparaît en qualité de président de l'Association professionnelle des magistrats (APM).

RÉSEAU D'INFLUENCE

Cette association classée à droite a en effet reçu 100.000 francs de Brenco, la société de Pierre Falcone, en octobre 1997 pour 25 abonnements à sa revue syndicale. L'accusation ne retient comme accusation que le "recel d'abus de biens sociaux", excluant donc toute incrimination de corruption.

Le président du tribunal a pourtant lu des documents de l'enquête qui montrent qu'un autre magistrat de l'APM a classé sans suite des enquêtes de police menées pour "blanchiment" en 1994 et 1995 contre Arcady Gaydamak, associé de Pierre Falcone et autre protagoniste des ventes d'armes.

Aucun lien n'est démontré, le même magistrat ayant aussi classé sans suite une autre procédure à l'encontre d'Arcady Gaydamak, mais c'est cette évocation qui a amené Georges Fenech à provoquer l'incident. Il a menacé de ne plus répondre aux questions si l'actuel procureur de Paris ne venait pas déposer comme témoin sur les classements en question.

Le tribunal devait examiner plus tard le coeur des accusations. A la barre, un autre prévenu, le général en retraite Claude Mouton, a expliqué que c'est Georges Fenech qui avait demandé à être présenté à Pierre Falcone et assuré qu'il l'avait informé de sa qualité de courtiers en armes.

"Je n'en ai jamais entendu parler", a répondu Georges Fenech. Le dossier montre aussi que Pierre Falcone lui a offert par la poste une malle Fauchon pour la Noël 1997.

L'APM n'existe plus aujourd'hui, après cette affaire et plusieurs autres, qui ont vu un magistrat révoqué après un calembour antisémite publié dans la revue de l'APM et l'incarcération d'un autre, l'ex-procureur de Bobigny Jean-Claude Voirain, dans une affaire de corruption.

Source : http://www.liberation.fr/depeches/0101303972-a-la-barre-du-proces-angolagate-le-juge-fenech-s-emporte

vendredi 5 octobre 2007

ONU: ouverture d'un dialogue sur la compréhension entre les religions et les cultures


NEW YORK (Nations Unies), 4 octobre (XINHUA) -- Le Dialogue de haut niveau sur la compréhension entre les religions et les cultures et la coopération pour la paix, organisé pour la première fois par l'Assemblée générale des Nations Unies, s'est ouvert jeudi au siège de l'ONU à New York.
"Il est temps de promouvoir l'idée que la diversité est une vertu, et non une menace", a affirmé le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon pendant sa déclaration devant l'Assemblée, à l'ouverture de cette rencontre jeudi matin.
"Et il est temps que nous soulignions combien notre humanité commune est bien, bien plus importante que nos différences extérieures", a-t-il ajouté.
Avec cette rencontre, "nous réaffirmons les valeurs consacrées dans la Charte des Nations Unies et dans la Déclaration des droits de l'Homme", a déclaré Srgjan Kerim, le président de l'Assemblée générale, dans son discours d'ouverture.
La mondialisation favorise la rencontre des religions et des cultures, révélant parfois des malentendus et des incompréhensions. Il faut donc un "dialogue ouvert et soutenu, le respect pour la liberté d'expression et la liberté de religion ou de croyance", a insisté Srgjan Kerim.
Un crime commis au nom d'une religion est le pire crime contre cette même religion, a-t-il ajouté, et celle-ci ne doit pas être un prétexte pour faire la guerre.
Nous devons tous devenir des "instruments de la paix" en ouvrant ce dialogue, et en utilisant les campagnes de sensibilisation et les médias pour diffuser ce message.
Quant aux gouvernements, ils peuvent contribuer en adoptant des enseignements qui privilégie les valeurs de paix et de tolérance, a ajouté le président de l'Assemblée générale.
Mais le succès de ce dialogue dépend aussi de l'engagement de la société civile, tant les médias que les organisations non- gouvernementales, tant le secteur privé que les groupes religieux.
Dans les pays où les droits de l'Homme n'ont pas été toujours respectés, "la réconciliation est un compromis acceptable entre le souvenir et l'oubli", a souligné Srgjan Kerim, en expliquant qu'on ne pouvait y parvenir qu'à travers un dialogue intensif, à la fois aux niveaux politique, culturel et social.